Fondements anthropologiques de la marche portée
Le constat fondamental
La marche portée ne vient pas d’une tendance, mais d’un constat fondamental : l’être humain a évolué pour marcher et pour porter… collectivement.
Pendant des centaines de milliers d’années – bien avant l’agriculture – Homo sapiens était un nomade social. Transporter en petit groupe une charge sur de longues distances n’était pas un exercice, mais une fonction vitale : outils, eau, nourriture, bois, peaux, huttes démontables, enfants.
Le portage faisait partie du quotidien et participait à l’organisation, à la mobilité et à la survie du groupe.
Les chercheurs en anthropologie et en évolution humaine s’accordent largement à dire que notre organisme s’est structuré au fil du temps autour de cette réalité : posture verticale libérant les mains, organisation du bassin, mobilisation des muscles profonds, adaptation osseuse liée aux contraintes répétées, et capacité à se déplacer sur de longues distances.
Marcher en portant du poids ne relève donc pas d’un geste artificiel inventé récemment, mais d’un mouvement originel qui a accompagné l’histoire humaine et influencé à la fois notre anatomie et nos modes de vie collectifs.
Une adaptation évolutive unique
Les recherches en anthropologie et en biomécanique suggèrent que l’évolution humaine s’est accompagnée d’une architecture corporelle particulièrement adaptée à la marche sur de longues distances, y compris en situation de portage.
Cette architecture se caractérise notamment par plusieurs éléments largement décrits dans la littérature scientifique :
1. Une colonne vertébrale à double courbure
La forme en “S” du rachis est généralement interprétée comme une organisation permettant de gérer les contraintes verticales liées à la locomotion bipède et au port de charges.
2. Un bassin large et relativement stable
Il joue un rôle central dans la transmission des forces vers les membres inférieurs et dans la stabilité globale du déplacement.
3. Un système musculaire profond mobilisé sous contrainte
Les muscles profonds du tronc (transverse, multifides, diaphragme, plancher pelvien) sont connus pour être impliqués dans la stabilisation du corps lors de mouvements portés.
4. Un réseau fascial structurant
Le système fascial est reconnu pour son rôle dans la transmission des forces mécaniques et l’organisation du mouvement sur la durée.
5. Une forte capacité de déplacement sur longue distance
D’un point de vue comparatif, l’être humain est souvent cité comme l’un des mammifères les plus endurants en marche, notamment dans des contextes historiques où le déplacement chargé faisait partie du quotidien.
Les données ethnographiques et historiques montrent que certaines populations humaines ont pu transporter des charges importantes sur de longues distances dans des contextes culturels et environnementaux très spécifiques. Ces observations ne constituent ni des normes, ni des modèles à reproduire, mais illustrent la place centrale qu’a occupée le portage dans l’histoire humaine.
L’expérience du portage s’inscrit ainsi dans une continuité évolutive et culturelle, sans pour autant constituer une prescription, une méthode ou une référence de capacité individuelle.
Notre philosophie de base
La marche portée, notamment lorsqu’elle est vécue en petit groupe, n’est donc pas un effort artificiel. Elle restitue à l’être humain l’une de ses expériences les plus naturelles. Elle invite à renouer avec une forme de déplacement et de présence qui a structuré pendant des centaines de milliers d'années la vie collective de notre espèce. En quelque sorte, elle réactive une expérience fondamentale de l'humain.
LoadStride™, c’est créer l’espace pour que cette expérience ancestrale se vive librement, ensemble.